Ce qui se passe quand quelqu'un demande à une IA de recommander un prestataire dans votre secteur
Vous n'êtes probablement pas là.
Pas parce que votre travail est mauvais. Pas parce que votre site est mal conçu. Mais parce que les moteurs d'intelligence artificielle — ChatGPT, Perplexity, Gemini, Claude, Copilot — ne fonctionnent pas comme Google. Ils ne listent pas des liens. Ils rédigent une réponse. Et dans cette réponse, ils citent certaines sources. Pas toutes. Pas au hasard.
L'étude State of GEO 2026, publiée en avril 2026 par generative.qa, a analysé 10 000 prompts sur 6 moteurs IA, en enregistrant systématiquement quelles sources étaient citées, sur quels domaines, avec quels signaux de visibilité associés (generative.qa, 2026). C'est à ce jour l'un des corpus publics les plus larges sur le sujet. Les données sont disponibles en open data sur GitHub sous licence CC BY 4.0 (Broadcastwell/state-of-geo-2026, 2026).
Les moteurs ne citent pas de la même façon
Une publication préalable du même groupe — testant 1 000 prompts sur 5 moteurs — donnait déjà un aperçu des écarts : Perplexity produisait en moyenne 6,2 citations par réponse, contre 1,4 pour ChatGPT (generative.qa, 2026). Ce n'est pas un détail. Pour une PME ou un indépendant qui veut être mentionné dans une réponse générée, le choix du moteur ciblé change complètement la stratégie.
Le cadre de l'étude principale couvre 20 secteurs d'activité et 5 classes d'intention de recherche (generative.qa, 2026). Chaque citation est enregistrée avec l'URL source, le domaine, l'âge de la page, le moteur et la date. C'est une cartographie, pas une promesse.
Ce que les chercheurs appellent « sélection » et « absorption »
Un article de recherche publié sur arXiv en 2026 propose un cadre analytique en deux temps : la sélection de la citation (le moteur récupère-t-il la source ?) et l'absorption de la citation (le moteur intègre-t-il réellement son contenu dans la réponse ?) (arXiv, 2604.25707, 2026). Ce sont deux mécanismes distincts. Une page peut être récupérée sans être citée. Une source peut être citée sans que son contenu soit repris fidèlement.
Le même travail a mobilisé 602 prompts contrôlés, analysé 21 143 citations issues de la couche de recherche, et extrait 72 caractéristiques par page à partir de 18 151 pages récupérées (arXiv, 2604.25707, 2026). Ce niveau de granularité commence à permettre des conclusions sur ce qui favorise — ou défavorit — la citation d'une source.
Ce que cela signifie pour une PME romande
La question n'est plus seulement : "Est-ce que mon site apparaît dans Google ?" Elle devient : "Est-ce que mon nom ou mon expertise apparaît quand quelqu'un demande à une IA de trouver un expert-comptable à Lausanne, un architecte à Genève, un avocat spécialisé dans le droit du travail en Suisse romande ?"
La réponse, dans la grande majorité des cas, est non. Non par malveillance de l'algorithme, mais parce que les moteurs génératifs s'appuient sur des sources structurées, récentes, avec des signaux clairs de pertinence thématique et géographique. Les PME romandes, souvent bien positionnées sur Google pour des requêtes locales, n'ont pas encore travaillé leur présence dans l'écosystème génératif.
Une revue systématique couvrant 45 études publiées entre 2023 et 2026 confirme que les stratégies GEO (Generative Engine Optimization) ont une efficacité conditionnelle : elles dépendent du contexte, du moteur, de la structuration des données et du type de requête (arXiv, 2607.14035, 2026). Il n'existe pas de formule universelle. Il existe des signaux qui augmentent la probabilité d'être cité — et des angles morts qui garantissent de ne pas l'être.
Ce qu'on peut faire, et ce qu'on ne peut pas promettre
Le GEO n'est pas un nouveau SEO avec des promesses reformulées. C'est un domaine en construction, dont les résultats varient selon le moteur, le secteur, la langue et la géographie. Les données de l'étude State of GEO 2026 sont issues d'un corpus international : il n'existe pas à ce jour de chiffres primaires publiés spécifiquement pour la Suisse romande.
Ce que l'on sait : la structuration du contenu, la cohérence des signaux d'autorité thématique, l'âge et la mise à jour des pages comptent dans la sélection des sources. Ce que l'on ne sait pas encore avec certitude : dans quelle mesure ces paramètres se traduisent de façon identique pour un cabinet de conseil à Sion ou un bureau d'ingénieurs à Neuchâtel.
C'est précisément pourquoi un audit de visibilité dans les moteurs génératifs doit partir de données réelles — vos propres requêtes, votre propre secteur, votre propre marché — et non de benchmarks globaux appliqués sans adaptation.
La question à poser dès maintenant
Si un client potentiel ouvre ChatGPT ou Perplexity demain matin et demande qui contacter pour ce que vous faites, dans votre région : est-ce que votre nom a une chance d'apparaître ?
Si vous n'avez pas la réponse, c'est le bon moment pour la chercher.